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Manger bio pourquoi pas, mais mon problème c'est d'abord l'organisation

Updated: Feb 27, 2019

Analyse des réponses au questionnaire « Manger au quotidien » lancé mi-juillet 2018.


Nous avons lancé cette étude dans le but de comprendre quels étaient les principaux obstacles que rencontraient les gens pour cuisiner chez eux au quotidien. Le questionnaire était articulé autour de deux parties principales : la première cherchant à identifier les freins au fait de cuisiner à la maison, et la deuxième visant à évaluer 9 critères de choix des produits selon leur importance relative lors des courses.


Nous avons diffusé le questionnaire sur nos pages LinkedIn. La moitié des répondants ont entre 30 et 35 ans (les deux autres quarts ont respectivement moins de 30 ans ou plus de 35 ans) et plus des trois quarts sont cadres et professions intellectuelles supérieures.





Afin de cibler les réponses, nous avions une question préliminaire pour savoir si la personne répondant au questionnaire était en charge de la cuisine. Seulement 5% ont répondu ne pas être en charge de la cuisine, ainsi toutes les autres réponses concernent des personnes y participant pleinement ou au moins partiellement.


En ce qui concerne la première partie sur les principaux obstacles, 3 critères sur les sept choix sortent du lot avec un taux de réponse de plus de 50% pour chacun. Les obstacles majeurs identifiés sur ce sondage seraient donc le fait d’« anticiper » (66%), de « faire les courses » (50,6%) puis de « trouver des recettes et des idées » (49,4%). Les autres critères : à savoir le manque de savoir-faire culinaire, la peur de rater la recette ou le fait de ne pas considérer la cuisine comme une priorité représentent respectivement moins de 22% des réponses.


Il est intéressant de constater que l’obstacle identifié par la plus large majorité des personnes (« Anticiper ») est un concept assez subjectif. Nous demandions donc à ceux qui l’avaient coché d’expliciter le sens de ce terme selon eux. Les définitions reçues pour le terme « Anticiper » sont multiples, mais plusieurs notions ressortent majoritairement. Pour beaucoup de personnes, anticiper est synonyme de « planifier » : c’est-à-dire prévoir les recettes à l’avance avec le nombre de personnes qui participeront au repas, faire les courses en fonction, disposer de tous les produits nécessaires au moment voulu mais également gérer le stock de produits frais avec les problématiques de durées de conservation. La notion de temps ressort également dans un nombre significatif de réponse : « anticiper le temps nécessaire à la préparation », « avoir le temps en rentrant tard du travail » ….


Dans les propositions de réponses, nous n’avions volontairement pas mis comme obstacle « le temps » car nous l’avions considéré comme inclus dans « je ne considère pas la cuisine comme une priorité ». Cependant, nous avions laissé un champ « Autre » à réponse libre, et à cette option, 17,7 % des personnes ont répondu spontanément sous différentes formes que le manque de temps constituait un obstacle majeur pour cuisiner chez eux. Il est donc possible que si ce critère avait été noté de manière plus claire, le taux de réponse aurait été plus significatif.

Pour la deuxième partie, il était demandé de classer 9 critères par une note de 1 à 10 (sachant que 1 : critère peu important, 10 : critère très important) sur le thème « faire les courses ». Le tableau suivant récapitule les critères avec leur moyenne respective sur 10.


Fig 1 : Moyenne des notes attribuées à chaque critère

Nous analysions bien évidement les moyennes mais également la répartition des notes. Quatre résultats de moyenne ont particulièrement attiré notre attention. En effet, pour certains critères, les résultats sont extrêmement polarisés comme pour le critère « goût et qualité des produits » (Fig 2) où aucune note n’est inférieure à 6/10.


Fig 2 : Histogramme des notes (sur 10) du critère « goût et qualité des produits »

D’autres sont surprenants par la grande étendue des résultats. Pour le bio par exemple (Fig 3), où nous nous attendions à un résultat plus tranché alors que les avis sont donc assez hétérogènes sur ce point. En effet, bien que la moyenne soit supérieure à 6/10, un nombre significatif de personnes (8%) y ont attribué la note de 1/10 ce qui signifie clairement qu’ils n’y accordent aucune importance.


Fig 3 : Histogramme des notes (sur 10) du critère « produits bio»

En revanche, les réponses obtenues pour le critère « aspect environnemental » ont une répartition de type normale (Fig 4) et révèlent une certaine considération pour ce point. Ce critère englobant des choses assez larges, nous avions demandé des précisions. Il s’avère que l’origine des produits et le mode d’agriculture semblent être les deux critères qui touchent le plus les gens, suivi de peu par l’emballage et le mode de transport depuis le lieu de production. Les gens semblent en revanche peu sensibles au mode de transport jusqu’à chez eux.


Fig 4 : Histogramme des notes (sur 10) du critère « aspect environnemental »

Enfin, les réponses concernant le service de livraison sont globalement plus homogènes (Fig 5), bien qu’il y ait 30 % des notes qui soient égales à 1/10. Résultat assez étonnant étant donné le nombre de réponses mentionnant des problèmes de temps pour faire les courses ! Peut-être que ses avantages ne sont pas encore reconnus, ou alors que les personnes ne sont pas satisfaites de ce service en général (créneaux de livraison trop larges, qualité des produits frais peu concluante).


Fig 5 : Histogramme des notes (sur 10) du critère « service de livraison »

Pour conclure, il est clair que cuisiner chez soi le soir quotidiennement demeure une activité demandant beaucoup d’efforts. S’approvisionner en produit frais de qualité est un exercice difficile car il faut trouver le temps de se les procurer et gérer les délais courts de conservation. L’obstacle majeur est l’anticipation, qui nécessite de planifier les menus de la semaine en trouvant des idées, prévoir les aléas et faire les courses en fonction.


En effet, les trois premiers critères (goût et qualité, confiance et transparence sur les informations produits) sont plutôt bien assurés par les nouvelles chaînes de magasins spécialisés (comme Biocoop ou Naturalia par exemple) mais certains problèmes comme l’anticipation ne sont pas du tout résolus. Cela explique probablement en partie l’émergence et le succès rapide des solutions de livraison de plats préparés à domicile. On ressent toutefois, notamment via les média, une forte volonté de maîtriser vraiment ce que l'on mange et de revenir à une cuisine authentique, vraiment faite à la maison. Cela nécessite une solution intelligente et pratique à la fois pour l'approvisionnement, l'organisation des repas et la gestion du frigo. C'est l'ambition que nous nous donnons avec hoplabon !

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